8 septembre 2025 - par aurélie journaud

Après une agression, déposer plainte est un évènement important qui doit suivre des étapes bien précises pour assurer la prise en charge et la protection des droits de la victime. Il est essentiel en premier lieu de préserver toutes les preuves :
– Rassembler toutes les preuves possibles : photos des blessures, certificats médicaux, témoignages, documents personnels, etc…
– Si possible, faire constater les blessures rapidement par un professionnel de santé pour obtenir un certificat médical mentionnant l’ITT (Incapacité Totale de Travail), essentiel pour la suite de la procédure, l’évaluation du préjudice et l’éventuelle compétence de la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions.
Pour déposer plainte, il faut :
– Se rendre directement dans n’importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie, sans obligation de zone géographique (possible à Bordeaux même si l’agression a eu lieu ailleurs).
– Possibilité de déposer plainte par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Il faut alors joindre un récit détaillé des faits, les preuves, l’identité de l’auteur si connu ou « contre X » si inconnu, et ses coordonnées complètes mais il est conseillé d’être assisté d’un avocat pour réaliser cette démarche et ce n’est pas forcément la plus rapide et la plus efficace.
– Bénéficier d’un accompagnement d’un avocat, d’un interprète, d’un proche ou d’une association si besoin.
– Si la situation l’impose (danger ou crainte pour la sécurité), la victime peut déclarer comme domicile une adresse d’association, d’avocat ou d’un tiers, avec l’accord de cette personne.
Une fois la plainte déposée, elle est instruite par les enquêteurs et transmise au procureur de la République qui décidera d’ouvrir une enquête, de classer l’affaire ou d’engager des poursuites selon les éléments fournis.
– Le récépissé remis lors du dépôt de plainte ou l’accusé de réception du tribunal constitue la preuve du dépôt mais si vous pouvez vous faire remettre la copie de votre déposition, n’hésitez pas à le demander.
Il faut prêter une attestation particulière aux délais et aux suites de la plainte :
– Respecter les délais de prescription : 1 an pour contravention, 6 ans pour délits, 20 ans pour crimes (délais calculés à partir de la date de l’agression) mais il existe de nombreux délais particuliers, en fonction des infractions commises.
– Attention des délais plus courts s’appliquent devant la Commission d’indemnisation des Victimes d’Infraction. Il est indispensable de prendre avis auprès d’un avocat spécialisé après ou avant le dépôt de plainte pour éviter que la procédure ne tarde trop à aboutir et que vous soyez prescrits à demander une indemnisation.
– Possibilité de se constituer partie civile au cours de la procédure pour obtenir réparation du préjudice subi. Le formalise est important. Il ne faut pas le négliger.
En synthèse, il faut rapidement recueillir les preuves, déposer plainte en commissariat ou par courrier, demander un accompagnement si possible par un avocat spécialisé ou à minima une association d’aide aux victimes et respecter les délais de prescription pour garantir la suite judiciaire.