17 juin 2025 - par aurélie journaud

La réponse est assurément OUI, MAIS avec cette mention spéciale que tel n’est le cas que si la victime est assisté d’un avocat spécialisé.
Dans les suites d’un accident corporel avec un tiers responsable la règle est celle de l’indemnisation intégrale du préjudice subi : la victime doit être indemnisée financièrement de la totalité de ses dommages. Malheureusement, l’indemnisation intégrale du préjudice dépendra en réalité de la reconnaissance des préjudices subis et c’est à ce niveau-là que toute la différence se fera entre une victime seule face à la compagnie d’assurance et une victime assistée d’un avocat connaissant la matière, les préjudices et toutes leurs composantes et spécificités.
En clair, l’assistance d’un avocat spécialisé est systématiquement source d’une plus-value en termes d’indemnisation car le spécialiste va monter le dossier de telle manière que rien ne sera oublié, omis ou caché lors des opérations d’expertise et chaque poste de préjudice sera décortiqué et prouvé pour être évalué à sa juste valeur.
L’avocat spécialisé connaît la matière mais également tous ceux qui interviendront dans le dossier : inspecteurs de compagnie d’assurance, médecins conseils, experts, confrères adverses, juges (…) et cela a un intérêt particulièrement grand quand on sait que d’un expert à un autre, d’un juge à un autre, d’une compagnie à une autre (…) la manière d’évaluer et d’indemniser le préjudice ne sera pas la même.
Dans les suites d’un accident sans tiers responsable mais avec une assurance garantissant une indemnisation, il en est exactement de même, si ce n’est que l’on n’est plus sur le principe de l’indemnisation intégrale du préjudice subi mais sur une indemnisation basée sur les conditions contractuelles (que l’on retrouve généralement dans les conditions générales du contrat mais dont l’assuré n’a malheureusement aucune connaissance). L’avocat spécialisé saura lire les clauses contractuelles et mener la procédure de telle manière que ce qui peut être indemnisé le sera réellement.
Cette question est la suite « logique » de la précédente car si l’assistance d’un avocat spécialisé apporte une vraie plus-value au dossier d’indemnisation, il ne faut bien évidemment pas que cette plus-value soit « annulée » par le coût des honoraires de l’avocat.
Généralement, les cabinets spécialisés n’interviennent pas à l’aide juridictionnelle car l’aide juridictionnelle donnée par l’Etat ne permet pas de rémunérer l’avocat et son personnel à la hauteur du travail effectué ; si vous souhaitez que votre avocat travaille et qu’il le fasse dans de bonnes conditions en prenant le temps nécessaire à votre dossier, il doit être rémunéré au juste prix. Les gens font malheureusement souvent l’erreur de penser que s’ils ont un avocat » gratuit » ils feront des économies ; en réalité, ils risquent fort de perdre beaucoup d’argent : celui de leur indemnisation. Et cette économie n’en est vraiment pas une.
Nous proposons des conventions d’honoraires avec un honoraire forfaitaire limité pour le suivi de la procédure (dont le règlement peut d’ailleurs être différé à l’obtention d’une provision) et un honoraire de résultat (un pourcentage de l’indemnité obtenue). La plus-value apportée par le cabinet d’avocat dans l’indemnisation de la victime est systématique : dès lors le solde de l’indemnisation sera beaucoup plus important même si la victime règle des honoraires que si l’indemnisation est obtenue par une victime seule ou assisté de son assureur.
Une procédure d’indemnisation des préjudices corporels (qu’elle soit amiable ou contentieuse) est toujours longue… Il faut le dire et il faut surtout le comprendre et l’accepter.
Elle l’est d’abord parce qu’elle ne peut aller plus vite que la consolidation (=stabilisation) des blessures de la victime et plus cette consolidation est longue à obtenir, plus l’issue de la procédure sera longue à arriver elle-aussi.
Cette procédure est longue aussi car il faut souvent voir quels sont les véritables retombées à plus ou moins long terme des séquelles (sur une activité professionnelle par exemple).
La procédure est longue également parce que si vous souhaitez obtenir la meilleure indemnisation qui soit, l’indemnisation la plus juste, il faut passer par des opérations d’expertise qui soient à minima contradictoires (voie une expertise judiciaire) : des opérations d’expertise avec un médecin conseil qui assiste la victime face au médecin de la compagnie d’assurance et qui ne se contente pas de venir le jour des opérations d’expertise mais prépare en amont le dossier avec l’avocat, dossier qu’ils présenteront au médecin de l’assurance… et cette préparation prend nécessairement du temps. Une évaluation complète et une étude sérieuse des préjudices est elle-aussi plus longue qu’un simple recours à un barème.
J’ai l’habitude de comparer la procédure d’indemnisation des dommages corporels à une véritable guerre : si vous voulez gagner cette guerre il faut prendre le temps de la préparer, de monter votre armée, de choisir votre armure et votre stratégie de bataille… certes, on pourrait ne pas se préparer et aller plus vite… mais à l’arrivée la guerre serait perdue et il faudrait peut-être tout recommencer avec plus de difficultés et encore plus de lenteur. C‘est la même chose avec la construction d’une maison : le temps des fondations est essentiel pour éviter que la maison ne se fissure…
Enfin, la procédure peut être allongée également parce que votre avocat vous conseillera de ne pas accepter l’offre de la compagnie et de saisir le tribunal pour faire juger vos indemnités par un magistrat… les délais de justice sont longs comme malheureusement beaucoup de services publics aujourd’hui mais là aussi le temps pris sera source d’indemnisation plus importante.
Le temps joue certes avec vos nerfs mais sera un allié pour votre indemnisation finale. En toutes hypothèses, en tant qu’avocat je n’ai pas intérêt à faire traîner des procédures et seul le temps nécessaire sera pris pour arriver à sa fin.